Comparatifs

Robot hydraulique ou électrique : le match que le marketing a fait oublier

Par La rédaction · Publié le · Mis à jour le · 860 mots

L’essentiel

Hydraulique si vous voulez une machine increvable, légère et bon marché, et que le fond vous suffit. Électrique si vous voulez les parois, la ligne d’eau, une filtration fine et un cycle programmable. L’hydraulique n’a aucune électronique : c’est son immense avantage, et l’origine de toutes ses limites.

Deux principes physiques différents

L’électrique embarque un moteur de traction, une pompe et un filtre. Il est autonome : il aspire, brosse, retient les débris dans son panier, et se déplace selon sa propre logique. Il n’a besoin de votre filtration que pour l’eau du bassin, pas pour fonctionner.

L’hydraulique à aspiration se branche sur le skimmer ou la prise balai. C’est la dépression créée par votre pompe qui l’entraîne, le plus souvent par une membrane qui claque, ou par une turbine mécanique, et qui aspire les débris. Tout ce qu’il ramasse part dans le préfiltre de pompe puis dans le filtre à sable.

L’hydraulique à pression fonctionne à l’inverse : un surpresseur lui envoie de l’eau sous pression, qui l’entraîne par réaction et crée un effet Venturi aspirant les débris dans un sac collecteur propre au robot. Le filtre de la piscine reste intact.

Ce que l’hydraulique fait aussi bien, et parfois mieux

Le fond. Sur un fond plat, un hydraulique bien dimensionné reprend le sable et les feuilles aussi bien qu’un électrique. Il est simplement plus lent : trois heures contre deux.

La fiabilité. Il n’y a rien à casser. Pas de carte électronique noyée, pas de joint de bloc moteur, pas de batterie qui gonfle. Nos indices de réparabilité vont de 8,4 à 9,0/10 sur cette catégorie, contre 6,4 à 8,4/10 sur les électriques.

Le poids. De 2,8 à 8,2 kg à la sortie de l’eau, contre 8,2 à 15,8 kg pour un électrique. Sur un hors-sol, c’est décisif.

Les gros débris, pour les modèles à pression. Le sac collecteur d’un Polaris avale des feuilles entières et des glands qu’un panier de robot électrique bourrerait en dix minutes. Sur un bassin sous les arbres en octobre, c’est un avantage net.

Ce que l’hydraulique ne fera jamais

La ligne d’eau. Aucun modèle hydraulique ne la traite. Il n’a pas l’aspiration propre nécessaire pour se plaquer contre une paroi jusqu’à la surface et y stationner.

Une navigation intelligente. Le déplacement est mécanique et aléatoire. Sur un bassin de forme libre ou un couloir de nage, il repasse trente fois au même endroit et ignore un angle pendant deux semaines.

Une filtration fine. Il n’a pas de filtre propre : il renvoie tout à votre installation. Si votre filtre à sable filtre à 40 microns, très bien ; s’il est encrassé, le robot remet en suspension ce qu’il vient d’aspirer.

Une programmation. Il tourne quand la pompe tourne. Pas de cycle, pas de minuterie, pas d’application.

Le coût caché de l’hydraulique à aspiration

C’est le point que les fiches produit passent sous silence. Tout ce que le robot ramasse encrasse votre filtration.

Concrètement : le préfiltre de pompe se remplit deux à trois fois plus vite, et il faut donc l’ouvrir plus souvent. Le filtre à sable demande des contre-lavages plus fréquents, ce qui consomme de l’eau et du produit de rééquilibrage. Sur une saison, comptez trois à cinq contre-lavages supplémentaires.

Ce n’est pas rédhibitoire, mais cela relativise l’argument « aucun panier à vider » : vous ne videz pas un panier de robot, vous videz un préfiltre de pompe deux fois plus souvent.

Le coût caché de l’hydraulique à pression

Il est plus visible : il faut un surpresseur. C’est une pompe supplémentaire, à acheter (400 à 800 €), à installer, et à alimenter. Comptez 40 à 80 € d’électricité par saison.

Sur un bassin déjà équipé d’un surpresseur, c’est le cas de beaucoup d’installations américaines et de certaines piscines françaises haut de gamme, le calcul change complètement : le robot à pression devient l’un des meilleurs achats du marché. Sans surpresseur préexistant, il faut ajouter son prix au budget.

Le tableau de décision

Votre situationNotre recommandation
Bassin hors-sol, pompe correcte, budget serréHydraulique à aspiration
Bassin enterré couvert, fond seul suffisantHydraulique à aspiration
Bassin sous les arbres, beaucoup de feuillesHydraulique à pression, si surpresseur disponible
Parois sales en cours de saisonÉlectrique, l’hydraulique ne remonte pas assez
Bande grise à la ligne d’eauÉlectrique haut de gamme, obligatoirement
Bassin de forme libre ou couloir de nageÉlectrique à navigation systématique
Eau qui reste trouble malgré la filtrationÉlectrique à filtration fine (moins de 100 µm)

La solution que personne ne propose : les deux

Un hydraulique à 150 € branché en permanence sur le skimmer, qui travaille chaque fois que la filtration tourne, plus un brossage manuel des parois toutes les trois semaines, coûte moins cher qu’un électrique milieu de gamme et donne un fond irréprochable.

Inversement, sur un grand bassin, un électrique haut de gamme complété par un robot de surface qui retire les feuilles avant qu’elles ne coulent est de loin la combinaison la plus efficace, bien plus que de payer 500 € de plus pour un modèle de fond marginalement meilleur.

Voir nos sélections : robots hydrauliques et robots sans électricité dans l’eau.

Les modèles cités dans cet article

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