Algues : ce que le robot règle, ce qu’il aggrave, et ce qui relève de la chimie
L’essentiel
Ne lancez jamais le robot en premier sur un bassin envahi d’algues. L’ordre correct est : équilibrer le pH, effectuer un traitement choc, attendre 24 à 48 heures que les algues meurent et se déposent, puis passer le robot. Lancé avant, il remet les spores vivantes en suspension et propage la contamination à tout le bassin.
Ce que le robot fait contre les algues, et c’est essentiel
Les algues ne poussent pas dans l’eau : elles poussent sur les parois et le fond, où elles s’accrochent en formant un biofilm. Ce film protège les spores du désinfectant, c’est la raison pour laquelle un bassin correctement chloré peut verdir malgré tout.
Le brossage mécanique est le seul moyen de rompre ce film. Sans lui, le chlore attaque la surface du biofilm sans jamais atteindre ce qu’il y a dessous. C’est pourquoi tous les protocoles de traitement anti-algues commencent par un brossage, y compris ceux des fabricants de produits.
Un robot qui brosse les parois fait donc, chaque semaine, le geste préventif le plus efficace du bassin. C’est l’argument le plus solide en faveur d’un modèle qui remonte réellement en paroi.
Ce que le robot aggrave quand il est lancé au mauvais moment
Sur un bassin déjà envahi, eau verte, parois glissantes, passer le robot en premier est une erreur classique.
Le brossage décolle les colonies d’algues vivantes et les met en suspension dans toute la masse d’eau. Ce qui était un dépôt localisé sur deux parois devient une contamination générale. L’eau, souvent simplement trouble sur les bords, vire au vert franc en quelques heures.
Pire : les spores en suspension se redéposent partout, y compris dans des zones jusqu’alors indemnes. Le traitement qui aurait suffi pour deux parois doit désormais traiter l’ensemble du volume.
L’ordre correct des opérations
- Corriger le pH d’abord. Entre 7,0 et 7,4. Au-dessus de 7,6, le chlore perd jusqu’à 50 % de son pouvoir désinfectant : traiter un bassin à pH 8 revient à jeter le produit. C’est l’étape la plus souvent sautée, et celle qui explique la plupart des traitements qui « ne marchent pas ».
- Traitement choc. Chlore choc ou oxygène actif selon votre système, à la dose indiquée pour le volume réel du bassin. Filtration en continu pendant toute la durée.
- Attendre 24 à 48 heures. Les algues mortes se décrochent seules et se déposent au fond. L’eau passe souvent par une phase blanchâtre ou grise : c’est le signe que ça fonctionne.
- Floculant, si votre filtre le supporte. Il agglomère les particules fines pour que le filtre, et le robot, puissent les capter. À proscrire sur un filtre à cartouche, qui se colmate.
- Passer le robot maintenant. Les algues sont mortes et déposées : il les ramasse au lieu de les disséminer.
- Vider et rincer le panier immédiatement après. Ne laissez pas les algues mortes dans le filtre du robot : elles s’y décomposent et recontaminent au cycle suivant.
Le rôle réel de la filtration fine
Les algues mortes forment des particules de 5 à 30 microns : aucun robot du marché ne les retient individuellement, y compris à 50 microns. Ce que retient un filtre fin, ce sont les agrégats formés après floculation, et les débris organiques plus gros.
C’est une nuance importante : la filtration fine du robot aide au nettoyage après traitement, elle ne remplace ni le floculant, ni le filtre à sable du bassin, dont c'est précisément le rôle.
Prévention : le calendrier qui évite le problème
| Fréquence | Geste |
|---|---|
| 2 à 3 fois par semaine | Cycle du robot avec brossage des parois |
| 1 fois par semaine | Contrôle du pH et du désinfectant |
| 1 fois par semaine | Brossage manuel des escaliers et des angles, aucun robot ne les fait bien |
| Après chaque orage | Contrôle du pH, qui chute fortement, puis cycle du robot |
| Après une forte fréquentation | Cycle du robot, en insistant sur la ligne d’eau |
Les trois zones que le robot ne traitera jamais
Les escaliers. C’est le point faible universel de la catégorie. Les marches créent des angles que la géométrie des robots ne permet pas d’aborder correctement, et c’est justement là que l’eau stagne et que les algues démarrent. Prévoyez une brosse à main.
Les angles fond-paroi. Le congé arrondi ou l’angle droit selon le bassin. Les robots à navigation systématique s’en sortent mieux que les aléatoires, mais aucun ne fait un travail complet.
Derrière les buses de refoulement et l’échelle. Zones d’ombre hydraulique où le désinfectant circule mal et où le robot ne passe pas.
Ces trois zones représentent moins de 5 % de la surface du bassin et près de la totalité des départs d’algues. Dix minutes de brosse à main par semaine y sont plus utiles que 500 € de robot supplémentaire.
Le cas de l’algue moutarde
Elle mérite une mention à part : jaune-brun, elle se dépose en poudre sur les parois côté ombre et se remet en suspension au moindre brossage, ce qui la fait passer pour un dépôt de sable.
Le test est simple : passez la main sur le dépôt. Le sable roule et retombe au même endroit ; l’algue moutarde forme un nuage qui reste en suspension plusieurs minutes.
Elle résiste aux doses normales de chlore et exige un traitement spécifique. Un robot ne la règlera jamais seul, et le brossage seul la propage. C’est le cas typique où la chimie doit précéder la mécanique.
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